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Nomination de Mimi, Déficit d’auto confiance, Quand Macky met en péril son mandat.

Posté par: Amadou FALL| Mercredi 06 novembre, 2013 17:14  | Consulté 585 fois  |  0 Réactions  |   

Les récentes mesures sociales prises par le régime de Macky SALL ont occupé ces derniers jours le devant de la scène politique. Il s’agit en particulier de la question des bourses sociales qui, aussi louables qu’elles soient, ne sauraient constituer un axe fondamental d’une vision politique majeure porteuse de croissance et de développement.


Les bourses sociales ne sauraient constituer que des mesures d’accompagnement de véritables politiques sociales d’éducation, de santé, d’accès aux services sociaux de base permettant à la majeure partie de la population d’améliorer ses conditions de vie et de pouvoir prendre aux politiques de développement.


Dans ce cadre, les bourses sociales servent à appuyer les populations qui sont en marge de ces politiques ; c’est le cas dans de nombreux pays du Tiers Monde comme le Brésil, l’Inde, la Tunisie.


Certes, les personnes  nécessiteuses constituent, dans la plupart des pays sous développés, la majeure partie des populations, mais les bourses sociales ne peuvent être que transitoires, en attendant que ces populations soient mieux intégrées et prises en charge dans de véritables politiques de développement.


Tout le tapage médiatique sur les bourses sociales n’avait pas sa raison d’être, car les populations attendent du Chef de l’Etat des réalisations socio économiques majeures leur permettant de satisfaire leurs besoins sociaux de base et de participer utilement au processus de développement.


Mais force est de reconnaître que les populations sont restées sur leur faim, après près d’un an et demi d’un régime qui se cherche, et qui ne parvient ni à mettre en œuvre des programmes de développement d’envergure, à mobiliser les bailleurs de fonds et attirer les investisseurs directs étrangers pour la réalisation d’infrastructures permettant de placer notre pays sur la voie de l’émergence.


Les populations attendent de Macky de véritables réalisations sociales et pas comme celles de la couverture médicale universelle dont l’efficacité serait plus que douteuse dans un système sanitaire tout à fait déliquescent. Quand l’Etat s’engage, il doit avoir les moyens de son engagement, car c’est du populisme que de promettre des soins de santé gratuits alors que les structures sanitaires ne disposent pas d’un minimum pour fonctionner.


Le constat est manifestement clair qu’il n’y a plus tellement d’espoir avec ce régime. Macky a passé une bonne partie de son temps à faire des voyages, pour la plupart, inutiles ; c’est normal qu’en tant que nouveau chef d’Etat, qu’il ne puisse résister aux tentations des nombreux voyages, comme c’est le cas d’ailleurs pour la plupart des Chefs d’Etat africains, ; mais maintenant qu’il a commencé à démystifier ces voyages et qu’il passe beaucoup plus de temps au pays, il se rend compte que la plupart de ses promesses sont toujours en attente et qu’il est obligé d’y faire face.


 Macky a été bien élu, tout le monde le reconnaît malgré les tensions socio politiques qui ont prévalu lors de ces élections, mais il ne parvient pas à avoir une vision claire du développement de notre pays et, surtout, il n’a pas pu s’entourer des compétences requises pour la gestion de l’Etat et pour la mise en œuvre de politiques appropriées de développement.


 Comment comprendre qu’il puisse changer, en l’espace d’à peine un an, son Premier Ministre Abdoul MBAYE qui, il faut le reconnaître, malgré les nombreux reproches qui lui sont faits, a quand même une forte personnalité et dispose de références intellectuelles et professionnelles solides ; le reproche majeur qui peut lui être fait est son manque d’expérience de l’Etat ainsi que son manque d’engagement politique.


Cependant, ce qui est le plus incompréhensible, c’est sont son remplacement par Madame Mimi TOURE qui, avant l’avènement de Macky, était tout à fait inconnue de la sphère politique et étatique. Ses seules références valables sont d’avoir travaillé dans un programme des nations unies et les circonstances de son départ de ce poste ne sont pas encore éclaircies. Toujours est- il qu’elle n’avait aucune expérience de l’Etat auparavant, à un poste de responsabilité.


D’ailleurs, son passage au département de la justice a mis à nu ses carences, compte tenu des nombreux errements et tâtonnements durant sa gestion. C’est donc une personne qui est en phase d’apprentissage de l’Etat qui est nommée comme Premier Ministre. Il lui faudra encore quelques années pour avoir une bonne connaissance des rouages et mécanismes de l’Etat afin de pouvoir répondre au mieux à la satisfaction des besoins de base des populations. C’est dire qu’avec un tel Premier Ministre, Macky aura du mal à faire des réalisations sociales majeures durant son mandat.


Le problème avec Macky dans le choix de ses principaux collaborateurs est plus général ; Macky souffre d’une véritable confiance en lui-même pour gérer ce pays. Au lieu de chercher des personnalités politiques d’envergure ayant à la fois une expérience de l’Etat et une bonne connaissance des préoccupations des populations, Macky a toujours cherché, pour le poste de Premier Ministre, une personnalité qui sera au devant de la scène politique et qui portera sur elle les éventuels mécontentements populaires, ce qui est, du reste de bonne guerre ; mais ce qui est déplorable, c’est qu’il cherche toujours à se faire couvrir et à se donner confiance à travers les arguments de son Premier Ministre.


C’est vrai que quelque part, Macky a toujours manqué de confiance en lui et en ses idées et a souvent manqué de sang froid. L’histoire est récente, à ce propos, quand il s’est comporté de manière peu honorable dans un bureau de vote ; de même, ses déclarations récentes à l’étranger pour dire qu’il n’avait pas peur des manifestations des populations témoignent aussi de son manque de sang froid.


Macky doit savoir que c’est lui qui a été élu et, qu’en dernier ressort, c’est lui que les sénégalais jugeront aux termes de son mandat. Il doit déterminer clairement ses ambitions pour notre pays et assumer les choix de ses décisions. Il ne s’agit point d’une gestion autonome du pouvoir, mais savoir décider après avoir consulté les différentes parties prenantes.


 


Amadou FALL


FPSE ; Société civile


Québec


Email : Amdfall321@hotmail.fr


 L'auteur  Amadou FALL
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Mots Clés: Sénégal; politique
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Amadou FALL
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